Erreurs redevance de marque : 10 pièges à éviter en 2026

Mal structurée, une redevance de marque expose à un redressement dont le coût excède très largement l'économie. Sur 280 dossiers RemUp post-Lancaster : 0 redressement. Mais les dirigeants qui se lancent sans accompagnement spécialisé multiplient les erreurs — voici les 10 pièges les plus fréquents et comment les éviter, avec coût moyen du redressement par erreur.

05/06/2026 · 12 min de lecture · Eliott Godet

Erreur 1 — Indexer la redevance sur le chiffre d'affaires

L'erreur post-Lancaster numéro 1. Une redevance calculée en pourcentage du CA ou du bénéfice est requalifiée en BIC professionnel TNS. Conséquences : cotisations TNS 40-45 %, suppression de l'abattement micro-BIC 50 %, redressement moyen 2-3× le montant économisé sur 3 ans (prescription). Solution : redevance forfaitaire annuelle, révisable par avenant tous les 5 ans après nouvelle valorisation ISO 10668.

Erreur 2 — Pas de dépôt INPI préalable

Concéder en licence une marque non déposée à l'INPI est juridiquement nul. Conséquence : la redevance peut être requalifiée en avantage occulte (article 111 c CGI), avec pénalités de 40 à 80 %. Solution : dépôt INPI préalable (190 € pour 1 classe + 40 €/classe), avant la signature du contrat de licence.

Erreur 3 — Valorisation interne par l'expert-comptable

Une valorisation produite par l'expert-comptable de la société est facilement contestable pour conflit d'intérêt. Solution : valorisation par un évaluateur tiers indépendant selon la norme ISO 10668 (4 000-8 000 €). Le rapport sécurise le montant pour 5 ans.

Erreur 4 — Absence d'approbation en AG

Le contrat de licence dirigeant-société est une convention réglementée (article L.227-10 du Code de commerce pour SAS, L.223-19 pour SARL). Sans approbation explicite en assemblée générale ordinaire, la convention est annulable. Solution : AG suivant immédiatement la signature, avec rapport du commissaire aux comptes le cas échéant.

Erreur 5 — Redevance disproportionnée à la valeur de la marque

Une redevance excédant 15 % de la valeur économique de la marque est requalifiée en avantage occulte. Solution : calibrage entre 5 % et 12 % de la valeur ISO 10668 de la marque, avec cohérence ex post sur le CA (1-5 % typiquement selon le secteur).

Erreur 6 — Pas d'exploitation effective de la marque

La marque doit être réellement utilisée commercialement par la société (enseigne, supports de com, packaging, factures, web). Sans preuve d'exploitation effective, la redevance peut être requalifiée. Solution : conserver des preuves datées d'utilisation (captures site web, factures, brochures).

Erreur 7 — Contrat de licence incomplet

Un contrat post-Lancaster doit contenir 12 clauses obligatoires : forfait, exploitation, territorialité, durée, exclusivité, non-concurrence, charges INPI, révision, résolutoire, garanties, audit, juridiction. Un contrat trop simple est facilement contesté. Solution : rédaction par un cabinet d'avocats spécialisé (1 500-3 000 €).

Erreur 8 — Pas de facturation régulière

Une redevance versée annuellement en un seul virement ressemble plus à un dividende qu'à une rémunération d'usage de l'actif. Solution : facturation mensuelle ou trimestrielle (1/12 ou 1/4 du forfait annuel), avec mention TVA si applicable (au-delà de 37 500 €/an).

Erreur 9 — Multiplication des concessions de la même marque

Concéder la même marque à plusieurs sociétés (multi-licences) est un indice de professionnalisation requalifiable en BIC professionnel TNS. Solution : exclusivité de la concession (une marque = une licence), ou structurer via une holding propriétaire.

Erreur 10 — Ignorer la TVA

Au-delà de 37 500 € de redevance annuelle (article 293 B CGI), la franchise en base ne s'applique plus : vous devez facturer 20 % de TVA à votre société. Oubli = pénalité TVA + intérêts. Solution : activer la TVA dès le seuil approché ou opter pour la TVA dès la 1re facturation (opération neutre car la société récupère).

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FAQ — Erreurs redevance de marque

Quelle est l'erreur la plus coûteuse en redevance de marque ?

L'indexation sur le chiffre d'affaires. Depuis Lancaster (CAA Paris 15 nov. 2024), redevance indexée sur CA ou bénéfice = requalifiée en BIC professionnel TNS : cotisations 40-45 %, redressement 2-3× le montant économisé.

Faut-il déposer la marque avant le contrat de licence ?

Oui impérativement. Dépôt INPI AVANT signature du contrat. Sans dépôt préalable, licence juridiquement nulle et requalification en avantage occulte (article 111 c CGI).

Combien de temps de prescription en cas de redressement ?

3 ans + année en cours (article L.169 LPF). En 2026, contrôle possible sur 2023, 2024, 2025. Manquement délibéré : 10 ans.

Une valorisation interne par l'expert-comptable suffit-elle ?

Non. Valorisation par évaluateur tiers indépendant selon ISO 10668. Une valorisation interne est facilement contestée pour conflit d'intérêt. Coût indépendant : 4 000-8 000 €.

Peut-on rectifier un contrat indexé sur le CA ?

Oui par avenant, idéalement AVANT tout contrôle. Avenant + nouvelle valorisation indépendante + AG. Coût total 3 000-6 000 € vs 20 000-50 000 € de redressement potentiel.

Les frais de mise en place sont-ils déductibles ?

Oui pour la société : honoraires d'avocats, valorisation, dépôt INPI. Pour le dirigeant en personne physique : frais d'enregistrement INPI déductibles du revenu BIC en régime réel.

Pour aller plus loin

  • Arrêt Lancaster 2024 : décryptage
  • Redevance de marque 2026 : pillar
  • Licence de marque : guide du contrat
  • Avantage occulte (article 111 c)
  • Redevance personne physique